vendredi 10 août 2007
C'est mouche...
Chère Lily,
Je profite d’une journée étrangement commencée et d’une semaine laborieusement terminée (mais ENFIN terminée !!) pour reviendre sur la scène féerique.
Quand je dis qu’il m’arrive souvent des trucs bizarres (heureusement les hallus ne sont pas revenues depuis plus d’une semaine, ça fait toujours ça de moins), c’est pas une blague, parce que franchement, qui peut se vanter de découvrir une mouche vivante dans sa poche en enfilant son jean le matin, hein ? Sachant que le jean est plié et rangé depuis trois jours sous une pile de pantalons, même pas au-dessus de la pile, mais sous au moins deux kilos de pantalons.
Bon, ok, je raconte.
Ce matin, six heures (j’en ai encore des frissons), je m’habille joyeusement en vue de me rendre joyeusement au boulot. Chaussettes, soutif (oui, malgré tout j’en porte), débardeur, jean, pull (oui pourtant on est en août).
Alors que je termine de boutonner mon jean, j’entends un drôle de bzzzzt, le bzzzt typique d’une mouche en train de crever dans un coin. Je regarde autour de moi. Rien.
Bzzzzt.
Elle est bien cachée (je ne me le fais pas dire).
Je me rends dans la salle de bains pour procéder au rituel complexe mais quotidien du ravalement de façade. Pince. Scalpel.
Bzzzzt.
Putain mais elle me poursuit cette conne.
Je regarde autour de moi, par terre, en haut, en bas, à côté. Rien.
Puis alors j’ai comme un tilt, et au moment où je commence à inspecter mes vêtements, quand j’en arrive aux poches du jean, je sens une piqûre sur la cuisse. Ni une, ni deux, je hurle à la mort et me débarrasse du maudit pantalon (jamais je me suis défroquée aussi vite) et le balance contre la porte.
Et là, tranquille, une mouche chelou sort de sous le jean, me regardant avec un air de reproche avec ses gros yeux rouges (elle avait sûrement trop fumé, ce que la situation confirme).
Ben quoi, estime-toi heureuse de pas t’être retrouvée dans ma culotte, j’ai mangé du concombre hier soir. Puis genre c’est de ma faute si t’es allée te fourrer dans ce pétrin. Putain de mouche.
Puis comme si ça suffisait pas, à peine sortie de chez moi je me fais agresser par la pluie. Puis par un camion sur la route. (J’ai oublié le papillon acharné au petit-dèj, tiens).
Suny… merde à mouches ?
mercredi 1 août 2007
Je prends mon pieds
Chère Suny,
Si c'est possible de mourrir d'ennui alors sois sûr d'une chose, Sunny, j'aurai passé l'arme à gauche avant la fin de l'après-midi.
Cela étant dit, passons à la suite.
Mon pieds est ensorcelé.
Et je boite. Sévérement.
Du gauche. Le gauche est visiblement mon pieds d'appui de surcroit puisque dès que je decsends une marche c'est le premier à se poser et à prendre tout en peine face (de pieds).
Suny > Mais comment t'as ENCORE fait ton compte hein ? (oui oui je fais ta voix puisque t'es qu'une feignasse incapable de quitter ton taff pour venir poser les questions)
Encore, encore ! Nan mais ého faudrait pas exagerer hein.
Je me suis jamais rien cassée moi madaaame (mon bras est appuyé sur du panneau de particule, il doit bien y avoir un peu de bois dans cte merde) alors je peux bien m'ensorceler pârfois le corps.
Bref, comment j'en suis arrivée là... Ah c'est une bien triste histoire. Que tous les lecteurs dépressifs prennent leur prozac avant de lire la suite, je voudrais pas être à l'origine d'un suicide de masse.
Suny > Bon t'accouche...
Pfff non mais franchement se faire rudoyer de la sorte. Quand je pense que j'ai été au petit soin avec toi au pays des fées et toi, tu me houspilles sans aucun ménagement...Vraiment on est jamais considéré à sa vraie valeurs dans ce monde...
Suny > ...
Bon okay, okay j'y viens.
Lorsque nous étions à la Dune des fées, j'ai ôté mes chaussures pirates.
Je m'étais mis en tête de trouver des galets plats pour rembourrer ton oreiller hihihi réaliser des sortilèges nordiques (ben ouais le loto ça marche pas alors faut bien tenter autre chose...).
Je marchais, marchais pendant que toi tu fumais, fumais.
Et là VLAN.
Mais alors le méga VLAN.
Je marche sur quelque chose et j'entends un vague "Putain mais merde".
Alors bien sûr, je me suis retournée en croyant que tu m'avais suivi. car oui Suny tu jures comme un charretier reconnais-le.
Mais non...Le néant.
Je sens comme une brûlure sous mon pieds. Je le soulève et là...Là je vois une minipouffe.
10 cm de haut, une mini-jupe, des cheveux peroxydée et un regard exaspéré.
- Nan mais vous pouvez pas faire attention ? Jamais vous regardez où vous foutez les pieds, l'asperge ?
Je regarde encore autours de moi parec que j'ai telelment l'habitude que tu me dises que je suis petite, que forcément je crois qu'elle s'adresse à toi.
Mais non, non il n'y a bien que moi et la minipouffe.
Je m'accroupis et je lui donen une pichenaude.
Elle piaffe et se rue sur mon pouce pour le mordre.
Je la repousse et je m'écarte...J'observe mon doigt parce que c'ets bien connu mini ou pas, les pouffe c'est des vraies enragés parfois.
- Vous avez pas vu le panneau ? dit elel en se recoiffant.
- Le panneau ?
- Ben voui le panneau, soupire-t-elle en se mettant à machonner son chewinggum pêche-framboise-menthe-de-papouasie.
- J'en ai croisé quelques uns mais c'est écris en arabe alors...
- C'est du breton ! Du BRE-TON ! hurle-t-elle outrée.
- Ah.
Chai pas perso j'y comprends rien alors ça pourrait bien être du finlandais que je serai pas en mesure de la contredire.
Elle soupire et se hisse sur un coquillage pour inspecter ses ongles.
- le panneau à l'entrée de la page dit "Attention aux Mummies".
- Ah. Et ?
- Je suis une mummies !
- Ah. Et ??
- Alors faire attention, ce n'est pas marcher sur les Mummies ! vocifère-t-elle en me postillonant du sable.
- Ah. Pas faux. Mais je ne lis pas le finlandais.
- C'est du BRE-TON ! Du BRE-TON !! hurle-t-elle en se roulant par terre.
J'ouvre de grands yeux. 'Tain c'est qu'elle est peut être bien enragée la poupée russe là...Je regarde mon doigt. Normal.
- Ah. Oui. Et ça va ?
Tu vois je tente d'être aimable avec la faune locale, hein. Tu notes mes efforts hautement diplomatique.
Elle se relève et sors de sa poche une mini baguette rose fluo et la pointe vers moi.
- Non ça ne va pas. T'as dérangé ma mise en pli et pour ça Ô nom de la Lune je vais te punir !
Je regarde encore autour de moi. Visiblement, les autres pensent que je ramasse des galets. personne ne s'imagine le drame qui se joue à quelque mètres d'eux...Je suis exposée à un danger terrible, je vais devoir l'affronter seule de surccroit...Vraiment j'en mêne pas large.
- Euh...Pardon. C'est pas que je voulais, juste que des trucs minus comme ça, ben je les vois pas.
- Minus ! répéte-t-elle choquée.
- Euh... Pardon. Des créatures de petites tailles quoi...Puis si j'avais compris le Danois, pour sûr j'aurai lu la pancarte...Chui pas uen vandale !
- Tu n'as pas tagué des galets ?
- Euh...Si si...
- Tu n'as pas tagué un bâton en écrivant stupidement dessus "Buffy was here".
Bon là clairement je sens bien Suny que tu m'as balancé à la population du coin et que si tu débarques pas pour me sauver c'est que probablement tu filmes la scène pour la ablancer sur youplume...
- Si..
- Alors tu es une vandale ! opine la minipouffe.
Elle écrase sa baguette sur mon pieds droits et pars en courant vers les vagues.
Je regarde mon pieds. Même pas mal....
Suny > Tu vas me faire croire que c'est suite à ça que tu boites ? T'as dit que c'était le pieds gauche en plus....
Oui c'est le peids gauche qui est tout gonflé. Je pense que si je boite c'est parce que j'ai marché dans le sable, puis aussi que j'ai fait une randonnée de 6 km avec des chaussures de villes.
Suny > Alors c'est quoi le rapport avec la malédiction ?
Ben faut suivre. J'ai un pieds ensorcelé (que je sais pas encore trop en quoi parce que tous les bouquins sur les Mummies sont en allemand) et un pieds blessé....Du coup je souffre atrocement. A tel point que même si j'aime pas ça, je crois que je vais aller chez le véto jeudi parce que autant j'ai mal depuis 8 jours, autant le fait qu'il gonfle et que je puisse plus bouger les orteils là ça m'inquiète...
Suny > Tu sais que ta note est complétement décousue, voir limite pourri (si si je t'assure que tu serai aussi vexante que ça si t'étais là) ?
Euh...Ah. Ben pardon hein.
D'un autre côté tu peux prendre le relais....
Lily bientôt amputée voir euthanasiée.
lundi 9 juillet 2007
L’art d’être maudite – Leçon 4
Chère Lily,
Le soleil est à peine levé et la malédiction s’est déjà abattue plusieurs fois sur moi (d’où ma présence ici à cette heure-ci alors que je devrais déjà être au bagne depuis un moment…). Ça mérite bien une petite leçon, tu trouves pas ?
Leçon 4 : Ou pourquoi le lundi, on ferait mieux de pas se lever.
Il était une fois une fée, PÔÔÔÔÔVRE fée, qui se réveilla avec les poules – que dis-je, avant les poules, même – pour aller au bagne. Déjà, à peine eut-elle ouvert les yeux – enfin l’œil, mais elle ne s’en rendit pas compte tout de suite – qu’elle fut assaillie déjà par des flashs. C’est donc avec l’envie de gerber qu’elle s’extirpa de son lit ce lundi matin à 5h30, jour maudit et heure maudite. La journée commençait fort bien.
Ce n’est qu’une fois la nausée passée et le petit déjeuner en train d’être préparé qu’elle se rendit compte qu’elle avait un œil un peu plus fatigué que l’autre. Elle se rua devant le miroir pour avoir quelques explications. Et là, elle hurla : si elle avait dû se décrire à cet instant, le premier mot qui lui serait venu à l’esprit aurait été « boxeuse ». En effet, son œil gauche, son merveilleux œil gauche disparaissait sous une paupière que l’on aurait plutôt pu qualifier de patate tant elle était bouffie. Si encore cela avait touché les deux yeux, ç’aurait été symétrique, mais là, non, elle avait juste l’air d'une boxeuse qui venait de se prendre une beigne, et encore, elle avait même pas eu droit à la couleur avec. Et en plus, ça la démangeait horriblement, ce qui ne fit qu’aggraver son état, et de patate son œil passa à l’état de pastèque, et dans ces cas-là évidemment, inutile d’espérer pourvoir glisser une lentille là-bas dessous. Qui dit pas de lentilles dit pas de cercueil à roulettes puisque fée complètement biglouche, et donc pas de boulot…
La fée décida donc de se recoucher en attendant de pouvoir appeler Fifi, Riri et Loulou pour les prévenir.
À 7h, elle tomba sur Fifi, qui lui dit « Rhôôô tiens c’est marrant, ça m’est arrivé hier aussi ! »
- Ouais, c’est super marrant. Et t’as fait comment pour que ça dégonfle ?
- Ah ben c’est toujours gonflé, là.
- Merci pour ton soutien. Allez, je vais me pendre, salut.
- Euh mais attends ! Tu comptes venir dans la journée quand même ou pas ?
- ça dépend si la pendaison est totale ou seulement partielle, mais je vais essayer.
- Ok… Préviens-nous, hein, si elle est totale, histoire qu’on t’attende pas.
- Ouais, j’essaierai. Salut.
De plus en plus heureuse, la fée alla tenter de se consoler en fumant un café et buvant une clope, qu’elle ne put même pas finir parce qu’elle eut droit à de nouveaux flashs et donc nouvelle envie de gerber, avec en prime un truc la veille qui avait dû mal passer, d’où une activité intestinale un peu trop intense pour un lundi matin, 7h.
À l’heure qu’il est, la fée a retrouvé ses anciennes lunettes qui lui donnent l’impression d’être soule et s’est vautrée dans un fauteuil, attendant on heure et cherchant désespérément chez l’Araignée des astuces pour faire dégonfler les yeux.
Une semaine qui commence comme ça, ça va forcément être une semaine pourrie. Heureusement, les vacances c’est dans cinq jours. Mais la fée sera-t-elle toujours vivante pour en profiter ? Si vous voulez le savoir, ne manquez pas notre épisode exceptionnel, vendredi soir…
Moralité : putain de moustique de meeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde !!!
(Moralité 2 : putain de meeeeerde de moustiiiiiiiique !!!)
Suny, in the merde again.
jeudi 21 juin 2007
Je vais bien, tout va bien, la la laaaaaa
Chère Lily,
Mais pourquoi est-ce que c’est toujours à moi que ça arrive ces journées de MERDE…
Tout a commencé… hier soir (ouais, je fais pas semblant, mes journées de merde commencent avant même d’avoir officiellement commencé).
22h… la guerre éclate autour de ma maison. Détonations, explosions, éclairs de lumière… c’est le déluge, jamais vu ça, Dagdà est pas content et il le fait savoir, il tue tout le monde sur son passage et en profite pour me priver de mon précieux sommeil. 5h30, mon coq se met à chanter. La guerre s’est terminée à 5h, sachant que je me suis couchée à 23h, si on fait le calcul ça fait quelque chose comme une heure de sommeil avec les quelques accalmies durant la nuit, à rêver du boulot en plus, quel pied. Autant te dire que c’était même pas la peine de me dire bonjour ce matin (heureusement la Matriarche est en voyage d’affaires, m’aurait fait chier de me retrouver orpheline de mes propres mains).
Journée de boulot tout ce qu’il y a de plus banale, heureusement, et surtout heureusement que Le Pire Stagiaire Du Monde est parti (heureusement pour lui quoi).
La journée terminée, je rampe jusqu’à mon cercueil à roulettes pour me traîner jusque chez moi. Et là, stupeur et horrification, la machine se met à faire de drôles de bruits quand je freine, des bruits horriblement familiers, des bruits qui veulent dire que mon compte en banque va encore racler.
Je l’emmène chez Madas, parce que bon, j’aimerais bien avoir une bonne excuse pour pas aller au taff demain, mais conne comme je suis-je serais capable d’y aller à pieds juste pour pas avoir mauvaise conscience (et 70 lieues aller-retour à pattes perchée sur des talons aiguille, franchement c’est pas envisageable, déjà que j’ai la flemme de me traîner jusqu’à l’évier pour faire la vaisselle).
Diagnostic :
- Alors vous voyez l’étrier, là, ben il est MORT.
(Une découverte donc : mon cercueil à roulettes est en fait un cheval).
- Du coup, il a piné la plaquette, voyez, là ? Non ? Normal, y’a plus de plaquette, elle a cramé.
- Hein hein. Et ce gros truc, là, que vous lui avez enlevé, c’est quoi ?
- Euh… la roue.
- Aaaaah.
- Mais vous aviez même pas senti que votre voiture freinait toute seule et partait sur le côté ?
- Ben euh… non. Je pensais juste avoir un truc spécial avec les trottoirs, une sorte d’attirance irraisonnée, quoi. Et euh… vous croyez que ça a aussi une incidence sur le grillage de feux oranges ?
- Ah, non.
- Je me disais bien…
- Bon, je vous la rends dans deux heures.
Cool, je suis au fin fond du trou du cul du Fauve, je crève de chaud, j’ai mal au crâne, je veux dormir, je veux rentrer chez moi, et le bus le plus proche de chez moi est à trois lieues, et la Matriarche est pas là pour venir me secourir, mère indigne !
Mais en bonne maso qui se respecte, j’appelle Nympho qui habite dans le coin et on va se mater Neric et Ramzaïe en suçant des sucettes.
Deux heures plus tard, verdict : mon compte en banque a définitivement mouru. Mais mon cheval à roulettes ne fait plus de bruits, c’est toujours ça.
Par contre j’ai toujours mal à la tête. Et j’ai envie d’aller me coucher mais faut encore que je fasse mon repassage et mon ménage (Conchita, sors de ce corps, merde !!), que je nourrisse le Putois (et moi-même aussi hein), et putain, avec tout ça j’ai encore oublié d’appeler l’arracheur de dents.
Mais j’ai quand même une bonne nouvelle : il me reste un jour de moins avant la retraite, si c’est pas merveilleux ça !!
Suny, honteusement optimiste, je crois que je suis malade.
lundi 4 juin 2007
Citrouilles et somnifères
Chère Lily,
Là, tout de suite, je devrais être en train de réviser comme une forcenée. M'acharner sur ces putain de cours incompréhensibles et faire de mon mieux pour réussir le reste de mes exams (encore deux, un demain et l'autre après-demain...).
Comme tu le vois, je suis à fond dedans...
Oui, j'ai décidé de compter sur mon génie légendaire, sur ma science infuse (et surtout très diffuse...) pour réussir cette année d'études. À bas les classeurs blindés à apprendre par coeur, à bas le bourrage de crâne, à bas les cours qui de toute façon ne veulent absolument rien dire (si les profs comprennent déjà pas ce qu'ils disent, je vois mal comment moi je pourrais le comprendre...).
Je vais donc te raconter ma journée, en attendant que la tienne se termine. Déjà, elle a bien commencé, je me suis levée fraîche comme une truite morte depuis trois jours. Tu en as eu quelques aperçus... mais tu n'as pas vu la Matriarche faire un bond de trois mètres en voyant ma tronche ce midi. Enfin ça m'apprendra à me shooter au Lexomil (promis, la prochaine fois je me souviendrai que c'est PAS léger).
Cet après-midi j'ai bien cru que j'allais commettre un meurtre, cette fois pour de bon. Mais j'ai été sage et mignonne, Nympho est à peine égratignée. Parce que je sais pas pourquoi, j'ai beau ne pas la supporter plus de quelques minutes d'affilée, il faut toujours que je me mette à côté d'elle en cours (toujours ce foutu penchant masochiste), et aujourd'hui elle était en forme tout autant que moi j'étais amorphe. Les reste de somnifères m'ont aidée à relativiser ce matin, mais cet après-midi, après le café, j'ai eu comme une bouffée de ras le cul. Alors vu qu'elle n'avait pas l'air décide à fermer sa gueule (ouais parce que elle en cours, elle est à la cafèt', vas-y que je beugle dans tous les sens, vas-y que je raconte ma life, vas-y que même le prof a entendu la totalité de mon histoire sur mes derniers exploits avec mon mec...) et que même les insultes ça marchait pas (j'ai pas essayé les tartes, ça lui aurait trop plu, au secours), je me suis juste levée sans rien dire, j'ai pris mes clics et mes clacs et je suis allée m'asseoir ailleurs. J'ai bien fait, ça l'a séchée pendant au moins trois quart d'heure. J'ai essayé de pas rire en voyant sa tête, parce que sinon j'aurais pas été crédible dans ma digne irritation, mais intérieurement, je me suis bien bidonnée.
Bref, elle a tout de même trouvé des remplaçants pour le reste du cours, imagine t'es dans une salle où t'as vingt personnes mais t'as l'impression d'être Au Champ le 24 décembre à 19h, ou pire, le premier jour des soldes, et t'as la tête en train de gonfler comme une citrouille, t'as qu'une envie c'est sortir ton bazooka et offrir un nouveau trou de balle à tout le monde. Heureusement Nympho a tout de même eu pitié et m'a shootée au Nurofen (nan les mélanges ça me dérange vraiment pas...), avant de se remettre à beugler de plus belle...
C'est fatigant d'être en maternelle... Vraiment, je me plains.
Suny, cucurbitomorphe (j'arrive quand même à inventer des mots pouraves, t'as vu).
mardi 22 mai 2007
L’art d’être maudite – Leçon 2
Chère Lily,
Je suis certaine que tu l’attendais avec impatience… Eh bien la voilà !
Ma seconde leçon d’art de vivre la malédiction au quotidien.
Leçon 2 : La farce du Lutin
Il était une fois une fée solaire qui avait un énorme problème : un bouton. Pas l’un de ceux qui va joyeusement percuter le miroir à peine tu le frôles, non, ç’aurait été trop facile.
Mais un bouton maléfique. La farce d’un lutin qui avait décidé de la faire enrager en profitant d’une nuit de profond sommeil pour lui insérer un œuf de libellule fossilisé sous la peau, pile au coin de l’œil. Une petite boule blanche, le truc impossible à enlever, que quand t’essaies de le choper il roule sous la peau et que quand tu change de position il revient à sa place.
Bon, rien de bien catastrophique à première vue, mais quand la fée se décidait à sortir la grosse artillerie (aiguille chirurgicale tout droit sortie de la boîte à couture de sa Matriarche, chalumeau stérilisateur tout droit sorti du matériel de torture de la fée, tout ça), il fallait q’il y ait du résultat.
Alors la fée s’acharna tant et si bien sur sa Farce de Lutin qu’elle ne parvint même pas à en arracher le moindre tremblement de terreur. La Farce de Lutin resta logée là, sous sa peau au coin de son œil, se foutant bien de sa gueule.
Après quelques heures de dur combat, de cris, de larmes, de sueur versée (mais attention hein, aromatisée fleur d’oranger, cela va de soi), la pauvre, pauuuuvre fée baissa les bras et alla ranger ses instruments de torture oculaire, tête basse.
L’histoire aurait pu s’arrêter là.
Mais c’était sans compter sur la Malédiction…
Un peu plus tard, quand la fée alla aux thermes pour se rafraîchir (après cette journée de merde, elle en avait grand besoin), elle resta pétrifiée alors que son regard glissait sur son propre reflet dans un miroir.
À force d’acharnement, la fée avait réussi à se faire elle-même un œil au beurre noir…
Moralité : parfois, mieux vaut se passer de moralité, la blonditude Malédiction parle d’elle-même.
(Moralité 2 quand même : quand tu supportes pas le fond de teint… ben t’as plus qu’à avoir l’air conne).
Suny… irrécupérable.
mercredi 16 mai 2007
Deux secondes, je pars en voyage
Chère Lily,
Comme la plupart des habitants de notre chère déchetterie Terre, je suppose que tu as entendu parler de cette planète soi-disant semblable à la nôtre, sur laquelle une forme de vie pourrait être possible. Les uns fantasment sur les créatures qu’ils pourraient y découvrir, d’autres, plus terre à terre, sur tout le pétrole et les gagne-pépettes qu’ils pourraient éventuellement en tirer.
Mon fantasme à moi serait qu’il n’y ait personne, parce que je compte bien m’y installer très prochainement. Dès que j’aurai trouvé comment on avale vingt années lumières en moins de deux heures, quoi (ouais, parce que manquerait plus que ça soit plus long que pour aller au pays des fées, hein, parce que j’aime voyager, mais à mon grand désarroi la fée n’a pas été équipée de la téléportation lors de sa fabrication).
Là-bas, la pluie n’existerait pas, ou alors elle aurait la décence de ne jamais tomber sur moi (à l’inverse, ici j’ai un nuage pile au-dessus de ma tête en permanence). La gravité serait légèrement plus forte qu’ici, juste de quoi faire tenir mes cheveux à l’emplacement qui a été prévu pour eux.
L’air sentirait l’herbe fraîche et les petites fleurs, et éventuellement le crottin de cheval, ça ne me dérange pas, mais surtout pas l’effluve de poubelle, l’émanation de cercueil à roulettes ou encore la déjection industrielle.
Comme je serais seule, les gens seraient forcément gentils puisque inexistants, seulement soumis à mon imagination à tendance utopique. Je pourrais jouer avec les n’animaux sans qu’ils aient peur de moi, car ils n’auraient pas été traumatisés auparavant par des créatures autoproclamées douées de conscience mais plus bestiales encore.
Bien sûr, il y aurait quand même la wifi, histoire de pouvoir encore t’envoyer des courriers même si tu décides de rester en enfer.
Je n’aurais même plus besoin de sucer, puisque rien ne me contrarierait. De toute façon il n’y aurait pas de marchands de sucettes.
Il y aurait la plage et la mer partout où je le souhaiterais. Et des arbres. Le ciel serait d’un beau jaune orangé, et il ne ferait nuit que quand j’aurais envie de dormir.
Bref, je pourrais continuer encore longtemps comme ça. Mais ce monde serait parfait. J’aurais mal aux joues à force de sourire bêtement et je serais simplement contente d’être là, parce que je serais là où j’aurais dû naître.
Mais bon, j’ai encore du travail ici et il est temps que je m’y mette…
Suny, enchaînée.
lundi 23 avril 2007
L'art d'être maudite - Leçon 1
Chère Lily,
Aujourd’hui j’ai décidé de révéler au monde combien la malédiction est un art, que dis-je, un art de vivre. Elle peut se révéler dans des petits riens comme dans des grosses emmerdes. Aujourd’hui bien heureusement je n’ai eu droit qu’à un petit rien, mais Dagdà seul sait combien il est utile de savoir être maudite avec classe face à toutes les éventualités, qu’elles soient grosses ou non…
Commençons donc ces leçons d’art de vivre par la malédiction du jour :
Leçon n°1 : La guêpe carnivore
Il était une fois une fée solaire qui souhaitait se tuer tranquillement le neurone à coups d’obligations scolaires. Elle avait pour cela décidé de profiter des rayonnements astraux pour s’y baigner, espérant désespérément éliminer ce teint cadavérique qui la faisait ressembler à un cul y puiser de l’inspiration.
Les choses semblaient bien se présenter, les grillons heu… grillonnaient, l’Astre l’encourageait gentiment, la Matriarche étudiait tranquillement ses parchemins, affalée sur un transat.
Et puis, ce fut le drame.
Une énorme, une monstrueuse, une titanesque – au moins aussi grosse qu’une cacahuète jaune et noire avec des ailes – guêpe carnivore vint troubler sa tranquille tranquillité, la harcelant, l’assaillant de toutes part, se moquant d’elle, même, elle l’aurait parié, même si elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu’elle lui racontait (fées et guêpes ont toujours eu certains problèmes de compréhension).
À chaque fois que la fée se levait, brandissant son torchon magique pour faire sa fête à l’importune, cette satanée bestiole des enfers s’envolait en courant, la narguant de son bzz bzz sinistre. Puis revenait dès que la pauvre fée s’était réinstallée pour vaquer à ses occupations neuronales.
Pas la peine de préciser qu’après de longues minutes de ce jeu-là, la stabilité mentale de la pauvre, pauuuvre fée commençait sérieusement à vaciller, tant et si bien que la Matriarche daigna même lever les yeux de son parchemin pour lui conseiller de l’appâter avec du sucre hydraté.
Comme si les guêpes carnivores en avaient quelque chose à foutre de son sucre, d’autant plus si elles avaient une jolie bourrique à faire tourner. La fée le savait très bien, ce serait le duel, ou rien.
La fée virant hystérique, ce fut finalement rien, et puisque c’était comme ça, elle alla faire son caca nerveux à l’ombre du nid, sans le Soleil, sans les n’oiseaux, sans les grillons, malheureuse devant sa fenêtre. Mais tranquille…
Plus tard, quand la Matriarche quitta la compagnie de l’Astre, elle annonça : « C’était bien à toi qu’elle en voulait, quand tu es partie, elle est partie. »
Moralité : quand la malédiction s’en prend à toi, cherche pas : casse-toi (et prends sur toi).
(Moralité 2 : fée à torchon, fée qui a l’air con.)
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mardi 20 mars 2007
Tuesday... glue day aussi
Chère Lily,
Mais qu’ai-je fait pour mériter ça ? Je suis censée être celle qui reste dans son coin, que personne ne colle (même si je sais qu’ils en meurent tous d’envie, tant je suis parfaite), à qui on parle de temps en temps mais qu’on ne vient jamais faire chier. Il me faut mon espace vital, et d’habitude il suffit d’un sourire condescendant regard pour que ça soit compris.
Mais là, vraiment, je ne sais plus quoi faire. Je dois attirer les cas sociaux (non je ne t’inclus pas dans le tas, commence pas à râler), je sais pas, est-ce que j’ai une tronche d’assistante sociale/maternelle ? C’est moi qui vais vers les gens quand j’en ai envie (idée implicite : rarement), pas les gens qui viennent vers moi, ça ne doit pas marcher comme ça, ça me perturbe. Pitin, j’en ai des sueurs froides.
Déjà, il faut absolument qu’elle attende que je sois sortie du vidange-room pour aller sucer sa sucette, donc m’empêcher de sucer la mienne tranquille, puis faut qu’elle me fasse un regard débile, une sorte de mélange entre la niaiserie, la déficience mentale profonde et une tentative de faire un truc drôle, ce qui donne quelque chose d’assez pathétique, à chaque fois qu’elle croise mon regard, ce que j’évite au maximum mais qui malheureusement est parfois inévitable, parce que bon, quand elle m’appelle depuis un quart d’heure j’ai un peu pitié et je me dis que faire semblant d’être sourde ça va un moment.
Ensuite il paraît que je suis son binôme attitré pour jouer à la balle rebondissante, ô grande nouvelle, ça fait un peu comme l’exposé de communication internationale (pour lequel, en passant, elle n’a pas encore bougé un seul poil de cul, comme je l’avais prévu), elle semble vouloir prendre totalement le contrôle de ma vie. Bon, poire comme je suis j’ai joué à la balle rebondissante avec elle et tenté de lui envoyer ma raquette à la gueule jouer le jeu et d’être sympa, parce qu’au fond elle fait vraiment de la peine.
Heureusement Bronchite était là pour me soutenir et me montrer qu’ils étaient tous avec moi… en me foutant la fessée à coup de raquette. Enfin elle au moins elle a la décence d’accessoiriser ses attouchements.
Puis à la fin du cours elle est même allée jusqu’à tenter de m’étouffer, nan mais quoi, je suis pas une peluche, merde !
Bon, je sais en ce moment je ne parle que de Nympho, mais elle me traumatise.
Suny, nymphophobe.
lundi 5 mars 2007
Vive la mer
Chère Lily,
Si je n’étais pas allée à la mer avec toi, je me serais levée complètement patraque après une nuit passée à ne quasiment pas dormir (ou par tranches de cinq minutes tous les quarts d’heures, un peu usant, d’autant que dans mon demi-sommeil je me serais imaginée en train de faire de la paperasse (contrecoup de la semaine dernière à crouler sous les papiers probablement, à classer les fiches clients...)).
J’aurais pris des nausées dans mon cercueil à roulettes en allant au travail, et j’aurais limite fait un malaise en arrivant. J’aurais immédiatement pensé à juste prévenir mes collègues que je faisais direct demi-tour pour retourner dans mon lit, mais pure masochiste que je suis, je serais restée, j’aurais pris sur moi pour ne pas tomber par terre, pour ne pas chialer tellement je me sentais mal.
Si je n’étais pas allée à la mer avec toi, j’aurais fait mon boulot tant bien que mal durant la matinée (enfin du mieux possible hein, perfectionniste oblige), et aurais attendu la pause de midi avec impatience tellement je pétais la dalle qui tue la mort.
Et j’en aurais chié dans mon string tellement j’aurais eu les boules de ne rien pouvoir avaler, ou juste un bout de pain et une pomme. Ça avait l’air super bon en plus !! Genre un truc avec plein de fromage qui dégouline et plein de beurre sur les patates.
Je serais allée sucer ma sucette digestive avec dépit, puis aurais repris mon travail, luttant pour tenir jusqu’au bout.
Van Grump m’aurait encore demandé de faire la coiffeuse et je l’aurais gentiment envoyé balader. J’aurais cependant accepté d’aller à l’opéra avec lui demain soir après le travail, pour aller voir le Coureur de Fantômes.
Puis je serais venue t’écrire ce courrier, ce que je ne suis pas en train de faire puisque je suis encore sur l’arc-en-ciel avec toi.
Heureusement que je suis allée à la mer avec toi, sinon cette journée aurait été pourave de chez pourave.
Suny, rêveuse aussi (mais sûrement parce qu’elle dort debout).