mercredi 31 janvier 2007
Sans sujet (comme ma journée)
Chère Lily,
Aujourd’hui, les curieux cherchent des lesbiennes. Hum comment dire… Non désolée, j’aime vraiment trop les mâles. Enfin je peux toujours leur présenter Fifi.
Je déteste ces journées banales au point qu’arrivé à leur terme on n’ait rien à raconter. Bon, je ne dirais pas que je me suis ennuyée, mais rien d’extraordinaire ne s’est produit. Quelques rires, certes, quelques gaffes, aussi, mais bon sang, je veux que ça bouge !!
Demain, nous avons encore un rendez-vous pour ce travail sur la dépendance des humains envers les fées. Nous rencontrons une toxicologue… Franchement ils ont de ces idées les humains avec qui je travaille. Les fées, toxiques, on aura tout entendu ! Enfin l’avantage c’est que pour cela nous manquerons le cours d’entretien physique. J’aime m’occuper de mon corps, mais courir des heures autour d’un terrain de ballon-pied, faut pas déconner !
Enfin bref. Tu sais, dans ma classe il y a très peu de mâles (quatre pour seize femelles, ça fait un peu juste, je trouve), et la moitié d’entre eux est irregardable, le quart est limite… par contre, le dernier quart est plutôt intéressant. Il fait d’ailleurs partie de mon fameux groupe de travail.
Encore un humain… Je ne sais pas ce que j’ai avec ces humains ces derniers temps, je dois vraiment avoir un grain. Mais il est vraiment très intéressant, je t’assure. J’en ferais bien mon quatre heures (ou mon déjeuner, peut-être). Mais je ne crois pas que fréquenter un mâle avec lequel je travaille soit une bonne idée, que ce soit à l’école ou à l’entreprise (malgré quelques beaux énergumènes à l’entreprise aussi). Enfin de toute façon, après l’affaire Van Grump, je compte bien profiter de ma liberté. Les mâles sont bien trop compliqués, puis il faut toujours s’en occuper, comme s’ils n’avaient pas assez de leur mère.
Moi qui ne suis pas maternelle pour un sou, c’est vite vu… Puis je n’ai jamais aimé les gamins des autres.
Je suis vraiment navrée pour ton amie. Malheureusement, comme le disent si bien les personnes qui ne savent pas trop quoi dire dans ces moments-là, c’est la vie… Ça va, ça vient, c’est horrible mais c’est comme ça.
Vivement que tu sois là en tout cas. Je t’emmènerai voir des marmottes, puis s’il fait beau, je t’emmènerai dans les prés, et sinon on ira peut-être s’enterrer, pour voir ce que ça fait. Ça peut être intéressant, aussi. J’hésite à aller faire un tour au Tibet, mais j’ai peur qu’avec tout ça je n’aie pas l’occasion de te faire cuisiner un peu…
Enfin au pire on allongera un peu le temps, facile, suffit d’un peu de poudre de perlimpinpin.
Suny, impatiente.
Les petites mains de l'Enfer
Ma chère Suny, Oui je sais que je me suis fait rare mais il ne faut pas m'en vouloir, les dieux se doivent d'être omnicient et ce n'est guère de tout repos... Tu sais bien que la seule aura que je souhaiterais parer des couleurs de l'arc en ciel c'est la tienne...Mais je ne voudrais surtout pas avoir tout oublié une fois face à toi ! Ce qui serait d'ailleurs en sommes très prévisible... En ce moment le temps file atrocement...Je crois cependant que j'avais besoin de ce regain d'activité et je ne suis pas loin de penser que je devrai peut être demander à rester sur le call...J'aime me sentir efficace. Ce matin, j'ai longuement écouté une âme damnée au bigophone. Elle souffrait de son passé, elle en avait plein le dos et elel hésitait entre la route du tourment extra-ferme et celle du vice souple. Au final je lui ai complétement retourner le crâne au pauvre homme mais j'étais fière d'avoir cerné son problème avec plus de précision et de doigté que mon collègue. Ce qui est difficile, c'est la crise que traverse Cherubin. Elle est mon amie depuis mon arrivée dans cette boite. C'est une créature délicieuse. Bon, il ne faut pas la chercher sans quoi elle dégaine avec une rapidité déconcertante son carquois pour vous planter uen flèche dans le cul et elle oublie de la tremper dans le filtre d'amour avant...Mais ça reste un ange, doux, sensible, drôle...Sauf qu'en ce moment, elle perds sa mère. La maladie peut toucher les plus immortelles d'entre nous parfois... Du coup, elle craque souvent et je me sens totalement impuissante. On a beau être divin, quand on voit ses limites on se sent aussi inutile qu'un humain. Ma surprise du moment c'est mon rapprochement avec Michael Jordan. On s'entends vraiment bien et il fait parti des rares personnes avec qui j'accepte de déguster ma sucette en rentrant du boulot. Moi qui suis solitaire, j'apprécie ces moments où les gens se tournent vers moi, me parlent ou rient à mes blagues. J'ai reçu mes billets magiques. Dans une vingtaine de jours, je viens te rendre visite...
mardi 30 janvier 2007
Googol, notre ami
Chère Lily,
Quelle joie de te lire enfin !
Laisse donc tomber le Roi des Démons, c’est moi ton cow-bay, nan mais. Faudrait pas qu’il t’épuise, non plus. Moi du moment qu’on s’occupe de moi…
Ma journée n’a pas été des plus folichonnes, encore une fois. Mon professeur de techniques de cyber-rencontres boitillait un peu. Il a eu un accident de licorne, hier. Mais heureusement, ses attributs postérieurs n’ont pas été endommagés, alors j’ai tout de même eu un peu d’occupation. Par contre il est toujours aussi aigri. Dommage, un bel étalon comme lui. Sa femelle doit le maltraiter, je ne vois rien d’autre pour expliquer ceci.
En rentrant de l’école, j’ai eu un peu d’occupation en m’intéressant à ce que recherchent les curieux qui viennent espionner nos échanges. L’un d’entre eux cherchait visiblement une méthode pour avoir une belle voix au téléphone. Il ne semble pas savoir que soit on a la chance de naître avec, soit on ne l’a pas. Et que si on ne l’a pas, on ne téléphone pas. Mais les humains ont toujours eu une aptitude étonnante à courir après l’inaccessible. Comme cet autre curieux qui semblait à la recherche des secrets de fabrication de vernis à ongles. Malheureusement pour lui, c’est comme la jolie voix, c’est un secret de famille… Comme si j’allais divulguer mes recettes à n’importe qui !
Bon, pour les bas résille je dis pas, si la visite de ma collection intéresse quelqu’un je serai ravie de commenter. Chacun a son histoire, émouvante, drôle, triste… Je me souviens de cette jolie paire de bas à strass que j’avais sauvée de l’étouffement certain, enfouie sous une multitude de méchants boas.
Les pauvres sont décédés l’année dernière, paix à leurs paillettes.
Par contre, j’ai moins bien compris la quête du billodrome. Comment peut-on chercher à aller dans un endroit pareil, je me le demande ! Puis alors vraiment, nous ne sommes pas un annuaire de loisirs humains. Je crois qu’il va falloir mettre quelques petites choses au clair avec notre ami Googol, il doit se croire en vacances.
Cela dit, là où je tique vraiment c’est sur le « lilly vibreur ». Non vraiment, j’ai beau chercher je ne vois pas. Ils doivent probablement se méprendre sur ton compte. Puis cette faute d’orthographe à ton doux prénom, je trouve ça inadmissible.
Suny, outrée (mais open pour une réunion bas résille).
Soin d'Aura
Ma chère Suny,
Quel silence…Le quotidien ronge de nombreuses choses et j’ai parfois l’impression que ce temps qui s’étire en longueur ne me permet pas de le nourrir de choses importantes. Comme t’écrire.
Ma formation en soin d’aura s’est très bien passée.
Je suis arrivée en retard à ma grande honte mais il faut bien avouer que ce n’est pas pour rien que je n’ai pas de montre….
Nous étions 7 à suivre ce cours de magie.
Je me suis retrouvée avec une charmante partenaire, probablement un peu fée elle aussi.
Elle a commencé par soigner mon aura. Et moi qui préfère m’occuper des autres que de moi…Je crois que justement j’avais besoin de cette connexion.
En dehors de ces choses en moi qui peu à peu se sont débloquées, j’ai entendu aussi d’autres souffrances remonter à la surface. Il y a tant de choses que je refuse de voir en moi…que je laisse de côté en me disant que ce n’est pas grave. C’est terrible de ne laisser personne effleurer mon âme alors qu’elle le réclame si fort.
Le plus étrange, c’est que la demi fée avait des expressions en commun avec toi. Quand elle me demandait si ça allait (elle avait peur de mal faire), je te revoyais me demander si je voulais boire quelque chose, si j’avais besoin de quoique ce soit…Cette manière attentive de vouloir bien faire les choses. Alors je fermais les yeux et je me disais que tu étais près de moi.
Après un thé et des petits gâteaux, ce fut à mon tour d’apprendre à soigner les âmes.
Je partageais ma demi fée avec un elfe venu apprendre à soigner sa dulcinée.
Soin à 4 mains qui tourna par certains aspects à compétition amicale.
La technique californienne, patte de chat et de canard n’ont dorénavant plus de secret pour moi…
Mais notre professeur nous a incité à le refaire rapidement pour pas oublier.
Il me faudra donc proposer mes services au Roi des démons et il est si exigeant que je crains de le faire…
Enfin, ces derniers temps ça se passe bien entre nous. Il ne me reproche plus de palabrer avec le soleil chaque soir. En faite, je crois que nous évitons avec un art très poussé tout sujet pouvant fâcher, tout contact pouvant être susceptible de créer un malaise. C’est très étrange.
Les enfers sont toujours en effervescences mais je commence peu à peu à y retrouver ma place. Ce n’est pas sans mal cela dit. Les absents ont toujours tords et c’est appliqué à la lettre ici.
lundi 29 janvier 2007
La classe, même sans le vouloir
Chère Lily,
Je te trouve pas très bavarde, ces temps-ci. Ou alors c’est moi qui suis trop bavarde… Enfin tant pis, je le suis pour deux, comme ça.
Reprise des cours, aujourd’hui. J’en ai encore épaté plus d’un, à peine arrivée… Non, en fait je n’étais pas encore arrivée qu’ils étaient déjà épatés. D’ailleurs je me suis épatée moi aussi. Epatant l’épatement que l’on peut avoir envers soi-même.
J’arrive donc à l’école et m’extirpe de mon bolide meurtrier sous les yeux épatés de mes camarades de classe, qui s’exclament en chœur : « Tu es épatante ! ».
- Enfin, oui, je le sais déjà, pas la peine de me le rappeler trop souvent, moi aussi je peux avoir les chevilles qui enflent, des fois.
Ils pourraient tout de même avoir quelques égards envers mes chevilles si parfaites.
- La prof de théorie hormonale a été épatée par ton compte-rendu, me dit Nympholie après m’avoir claqué deux bises sur les joues.
- Logique, c’est moi qui l’ai fait, dis-je en m’essuyant les joues.
Elle met toujours trop de fond de teint. Elle n’a pas la chance d’avoir un teint de fée, la pauvre.
- Tu as eu A+, elle l’a même utilisé pour faire la correction.
Alors là, j’avoue, je suis épatée. Surtout sachant que les autres viennent pour la plupart d’un bac STA (sciences techniques de l’accompagnement, au cas où tu ne connaîtrais pas), alors que moi je n’avais que mon charme naturel comme atout en arrivant ici.
Bon, pour atténuer le A+ elle m’a mis un A au compte-rendu précédent. Pour ne pas trop vexer les humains qui traînaient dans le coin, je suppose. Mais que veux-tu, on est un génie ou on l’est pas.
Suny, épatée/ante.
samedi 27 janvier 2007
CB addiction (après la sucette...)
Chère Lily,
J’ai reçu cette révélation comme une claque dans la figure.
Je suis une CB addict. Une pro du dégainage. Une stratège du flouze-dépensing.
Et le comble dans tout ça, c’est que c’est le vendeur de mon magasin d’herbes aromatiques qui me l’a fait remarquer. Encore, si ç’avait été celui de Chopoil, je dis pas… Quoique chez Chopoil ils doivent croiser des pros encore plus pros que moi. Enfin là n’est pas la question, je parlais de moi.
Je vais donc pour régler ma note, au magasin d’herbes aromatiques – au total, une ponceuse, pour éliminer les peaux mortes (oui ils vendent aussi des ponceuses dans mon magasin d’herbes aromatiques), de quoi apaiser après le passage de la ponceuse (parce que mine de rien, c’est abrasif), de quoi me désaltérer après l’intense exercice de ponçage (oui oui, ils vendent vraiment de tout dans ce magasin d’herbes aromatiques), et puis des bonbons au miel de belladone, juste parce qu’ils m’ont couru après pour que je les achète – je vais donc pour régler ma note, dans le même magasin d’herbes aromatiques, et le vendeur (très beau spécimen de vendeur, au passage) me regarde, les yeux écarquillés :
- Waaaaw…
- Oui je sais, je suis splendide.
- C’est fou, j’ai à peine eu le temps de vous voir sortir votre carte bleue. Quelle technique !
- Ah oui ? C’est l’entraînement mon p’tit. L’entraînement.
C’est vrai qu’en y repensant, je m’entraîne souvent. Un peu trop ? Nooon, jamais assez, sauf à la fin du mois (enfin dès le 10 du mois, pour ma part).
- Moi je passe toujours trois heures à la chercher.
- Tout est question de stratégie dans le rangement de la CB.
- C’est épatant.
- Oui, je sais. Le travail de toute une vie.
Et une vie de fée, Dagdà seul sait combien c’est long ! (Au moins vingt-deux ans, dont quatre ans de réchauffage de CB intensif. Heureusement j’ai eu le chéquier avant).
Je m’en vais donc avec mon butin du jour, non sans lui accorder mon beau sourire, parce que quand même, il le vaut bien, et rentre dans ma boîte à moteur, pensive.
Suis-je vraiment une CB addict ?
Serai-je condamnée à user de divers stratagèmes pour user au mieux mon compte en banque toute ma vie ?
Ne suis-pas victime plus que je ne le pense des us et coutumes d’Humainie ?
Le vendeur sera-t-il là la prochaine fois que j’aurai besoin d’une ponceuse ?
Tout cela me turlupine.
Suny, turlupinée.
vendredi 26 janvier 2007
Pas bon l'hiver, chapitre 2
Chère Lily,
Ces maudits faiseurs de neige veulent ma mort, même quand ils ne font pas de neige. Ce matin j’ai failli me viander sur la route, au volant de mon cercueil à roulettes. Je freinais, posément, pour une fois, et d’un coup, pouf, j’ai commencé à déraper. J’ai vu la barrière du bord de la route de très près, et la crise d’hystérie aussi.
Tout ça à cause de ces faiseurs de neige qui ont un deal avec les semeurs de sel pour les faire travailler.
Je tiens donc à t’informer d’une chose cruciale pour quand tu auras ton permis de poney magique (parce que les sabots aussi ça dérape, y’a pas de raison) : le sel, ça glisse.
Maudits semeurs de sel.
Mais heureusement, je vais bien. Bon, j’ai toujours quelques envies un peu violentes (l’étouffer avec mes bas résille, l’empoisonner avec mon vernis à ongles, lui faire manger ses dents, le transformer en pou… enfin le miniaturiser vu qu’il semble déjà appartenir à la famille des poux…, tout ça), mais aujourd’hui, c’est vendredi. Et qui dit vendredi dit veille de samedi, seul jour qui mérite d’exister en ce bas-monde. Pas dimanche, parce que dimanche = veille de lundi = début de semaine = le jour le plus éloigné du prochain week-end. L’horreur. J’ai beau aimer ce que je fais, rien ne vaut le week-end.
Enfin de toute façon c’est pour rester enfermée, avec ce froid polaire… Au lieu d’interdire la clope, ils feraient mieux d’interdire l’hiver. Je crois que je vais me présenter aux prochaines présidentielles. Il y a plein de choses à améliorer.
Pour en revenir à ma journée, je suis plutôt contente de moi. J’ai bien travaillé, et tout sera presque prêt pour quand j’y retournerai (la semaine prochaine je reprends l’école pour trois semaines… la magie des études par alternance), et Verula était fushia tellement elle était épatée (ben quoi on a le droit de rêver) !
Et je ne t’ai même pas parlé du Vieux Nictou, le démon qui s’occupe de la maintenance des lignes téléphoniques. Sans que j’en comprenne vraiment les raisons, il a décidé de m’appeler Juliette. C’est pourtant pas difficile à retenir, Suny, si ? Du coup, y’en a qui croient que je me prénomme réellement ainsi. C’est vexant. Enfin du moment que Nictou ne commence pas à se prendre pour Roméo, ma foi. Parce que bon, c’est pas que je n’aime pas les démons, mais il est… comment dire ça poliment… obsédé et moche. Sa technique de drague du jour :
- Je suis atteint d’une maladie génétique.
- Ah oui ?
- Oui. Ça s’appelle le priapisme.
- Ah bon ?!? Et ça fait quoi ?
- Je bande tout le temps.
Hmmmm… ça donne envie…
Suny, pas réchauffée du tout.
jeudi 25 janvier 2007
Je crois que je m'aigris
Chère Lily,
Un peu que je serai ton premier cobaye ! Et plutôt deux fois qu’une. Oh et puis soyons fous, autant de fois que tu le voudras. Mon aura aime qu’on la caresse dans le sens du poil.
Figure-toi que tout le monde a aimé mon gâteau ! Ça doit être à cause de la poudre de perlimpinpin que j’ai mis dedans. Et puis de tout l’amour que j’y ai mis. J’en ai mis tellement que j’en ai retrouvé un morceau dans mes cheveux tout à l’heure. Ouais, pas très classe. Mais de toute façon quoi que je fasse je suis séduisante, alors c’est pas grave.
Aujourd’hui, grosse envie de fracasser le bulbe de Barnabé sur un coin de bureau. Il m’énerve, il m’agace, il m’horripile, il me fait dresser les plumes sur les ailes (même si on me les a coupées quand j’étais petite). Pourtant il ne parle pas beaucoup. Il ne m’a rien fait de spécial non plus. Enfin c’est peut-être ça le problème : il ne fait rien, et les fainéants ça me donne des accès d’agressivité incontrôlables. Il passe sa journée au téléphone, feignant la prise de contact avec des clientes potentielles, et quand on a besoin dudit téléphone pour le travail – le vrai travail – évidemment il est occupé. Et quand enfin il se libère et que je peux sauter dessus pour faire mon job, monsieur trouve bon de venir attendre à côté de moi que j’aie fini. Je te jure, un jour je prendrai ce maudit téléphone et je le lui ferai ingérer par les narines, j’attendrai qu’il le digère et l’expulse et je recommencerai, jusqu’à ce qu’il comprenne combien je vomis les gigolos dans son genre.
Bon, à part ça il est pas méchant, hein. Quoiqu’il n’a même pas voulu goûter mon gâteau. Et dire que la dernière fois qu’il nous a fait subir l’un de ses cakes au rien (ouais, y’avait rien dedans, juste du cake, ennuyeux au possible), j’ai déployé toute la volonté dont j’étais capable pour réprimer mes grimaces afin de ne pas le vexer. La prochaine fois je le lui recracherai dessus.
Van Grump a décidé de tenter la technique du harcèlement. Tous les soirs il me propose d’aller à l’opéra, tous les soirs je dois lui répéter qu’il n’y a pas que l’opéra dans la vie. Comme ce soir l’opéra n’a toujours pas marché, il a fini par opter pour un restaurant, l’Auberge du Poisson Cru. Il m’a pris par les sentiments, je n’ai pas eu le courage de refuser. Je crois que je vais devoir lui expliquer que s’il continue comme ça, il va vraiment me soûler.
Suny, qui rêve d’un monde sans hommes (ou alors juste quand on en a besoin).
Course vaudoo
Ma chère Suny,
Je ne te savais pas ornithologue à tes heures perdues…Ce qui me rassure c’est que tu ne semble visiblement pas très renseignée sur le sujet puisque le chant ne te renseigne pas sur l’espèce…Méfie-toi cependant du chant cygne, tu sais ce qu’on en dit…
Et ce gâteau alors ?
Ma journée s’étire en longueur…Ici l’ambiance s’est relâché, entre la fatigue et le départ des boss, on n’ets guère assidu aux requêtes des morts qui débarquent. Même moi je n’ai traité le courrier qu’en fin de journée.
Le gnome à lunette nous a planté pour aller s’amuser à la chaufferie alors que sa présence eut bien dépanné notre service en manque d’effectif…Après cela, on dis que c’est moi la petite branleuse « téméraire ». Je te jure y a vraiment des malédictions qui se perdent de génération en génération…
Ce midi Michael Jordan m’a provoqué, mettant en doute mes talents de vaudoïste. Il n’en faut guère plus pour que je bondisse de mon bureau et le poursuive avec ma poupée vaudoo à travers les enfers…Mais tu t’en doutes, une déesse n’est définitivement pas assez rapide face à une ex star du basket ball. J’en étais toute essoufflée et je me suis promis de ne pas remettre ça. Enfin, je reste joueuse alors c’est pas dure de m’inciter à la dissipation…Puis j’aime bien courir après les mecs :p
La journée reste encore sous le signe des écrits et des rêveries. Comme j’ai hâte que le week end arrive…Comme j’ai hâte d’aller à ma formation pour soigner les auras ce dimanche…Tu seras, je l’espère, mon premier cobaye. ;)
mercredi 24 janvier 2007
Aventures d'une fée des temps modernes
Chère Lily,
Que lis-je ? Même les fumeurs doivent aller dehors ? Mais où va-t-on ?? Et moi qui pensais qu’aux Enfers ils étaient plus tolérants. Comme quoi, il y a des tyrans partout. S’ils veulent préserver le peu de poumons qu’il nous reste, ils feraient mieux de commencer par éradiquer ces maudites voitures au profit des libellules volantes et autres poneys magiques, ou encore surveiller un peu mieux les déjections de ces fabriques de cochonneries diverses qui poussent comme des champignons partout en Humainie.
Il est bien loin le temps où nous, fées et déesses, pouvions gambader joyeusement sans craindre la dégénérescence cellulaire à la moindre inspiration.
Bon, parlons plutôt de moi. Mon coq m’a fait défaut, ce matin. Je sais pas, il doit se croire en vacances, du coup j’ai dû me débrouiller pour me dépêtrer de l’emprise du marchand de sable et résultat : trois heures de retard. Bon, ce qui est certain c’est que j’ai bien dormi… Enfin j’ai tout de même eu un petit moment de flou, et me suis fait une fausse joie en pensant que c’était le week-end. Maudit coq, il faut quand même pas que je l’augmente !
Pour couronner le tout, en me ruant hors de chez moi j’ai failli hurler de terreur, d’horreur, d’angouâsse : de la neige, plein de neige, partout, même par terre ! Les faiseurs de neige pourraient tout de même penser aux fées solaires, ils savent bien que nous sommes allergiques. J’ai déjà préparé mon courrier de protestation d’ailleurs. Ils ne s’en sortiront pas comme ça. Maudits faiseurs de neige.
Enfin, j’ai tout de même pu travailler un peu ce matin, après avoir expliqué à tout le monde mes déboires matinaux. Les choses se compliquent un peu, mine de rien, c’est très technique la mise en place d’une ligne de téléphone rose. Avec tout ça, je m’occupe de moins en moins des clients, et ça commence à me manquer. Enfin quand Ariel sera rentrée dans sa coquille d’huître et arrêtera de sauter sur tout ce qui bouge, au moins je pourrai me remettre sérieusement au travail.
Ce soir, nous avons fait un pari avec Riri. Nous étions en train de parler de l’un de nos clients particulièrement assidu et le débat a fini par porter sur la taille de son oiseau : petit ou gros ? Long ou large ? Elle a opté pour un petit en longueur, moi un gros en largeur.
J’ai vérifié.
J’ai perdu…
Du coup je dois faire un gâteau. Ouh bon sang, ça me fait penser que je l’ai oublié dans le four !!
Suny, pressée.